Covid19 : vers un changement de business model pour les ESN ?

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Perspectives 2020 / 2021 pour le marché du conseil IT

Si les indicateurs annoncés au niveau national sont moins négatifs que prévus, le marché du conseil IT reste actuellement plus difficile. Comme l’indique dans un podcast récent Jean-Philippe Couturier, CEO de Whoz et administrateur au Syntec Numérique : “les entreprises du conseil IT suivent la croissance globale d’un facteur 2 ou 3 mais avec 6 mois de décalage”. Nous sommes donc dans une phase plus creuse pour ce marché et qui devrait le rester jusqu’à la fin de l’année : la baisse des achats de prestations intellectuelles est estimée à -23% pour 2020, selon une étude récente menée en juin 2020 par Whoz auprès de grands acheteurs de prestations.

Si les freelances devraient avoir un coup d’avance à la reprise, le devenir des ESN est prometteur pour celles qui auront pris le virage de leur propre transformation digitale – Jean-Philippe Couturier, CEO de Whoz et administrateur au Syntec Numérique

Dans cette même interview, Jean-Philippe Couturier estime une reprise à partir de juin 2021, sans oublier de rappeler qu’un état d’esprit positif sera primordial car il “favorise les conditions de la reprise”. On peut espérer un vaccin d’ici 6 à 9 mois et une fois sur le marché, Jean-Philippe Couturier croit en un regain de la consommation nourri par un taux d’épargne plutôt élevée selon les données de la Banque de France. La réactivité des plateformes de freelances sera un défi auquel les ESN devront faire face en industrialisant et digitalisant leur staffing. Selon Jean-Philippe Couturier, les ESN doivent mettre en oeuvre une stratégie de plateforme privée. Celle-ci doit permettre de répondre aux besoins des clients, d’accélérer la réponse à ces besoins et de réduire le coût de transaction. Il n’est plus acceptable que la seule base de donnée de sous-traitant soit la base de données comptable ou les comptes linkedin privés des commerciaux ou des managers.

Le rebond de la croissance est estimée actuellement à 7,4% pour 2021, ce qui aura un impact positif sur les projets de transformation des entreprises. Les entreprises de services du numérique (ESN / SSII) auront de nombreux projets à mener. Un accompagnement technique et humain sera nécessaire pour répondre aux besoins de digitalisation, accentués par la crise. Encore faut-il que les ESN, ces partenaires de la transformation numérique, soient en mesure de prendre à bras le corps leur propre digitalisation…

Quelles ESN tireront leur épingle du jeu ?

La crise révèle la fragilité numérique des ESN

La crise liée au covid19 a bouleversé en un temps record nos modes de travail. Les ESN ont été confrontées à un retour massif des consultants qui se sont retrouvés sur le banc en quelques jours seulement. Les entreprises de services du numérique ont dû faire face à de nombreux défis : l’arrêt et le gel de projets, la gestion massive du télétravail (sécurité, état des lieux de la situation de chaque consultant, évaluation du niveau de risque sur les affaires…). Toujours selon notre étude menée au mois de juin, 13% des projets informatiques ont été abandonnés et 21% ont été gelés.

La crise a révélé la fragilité de bien des ESN en matière de digitalisation. En mai dernier, nous étions allés à la rencontre d’un consultant travaillant au sein d’une grande ESN (environ 30 000 consultants) pour en savoir plus sur leur mode d’organisation face à la crise. Le premier enjeu pour son entreprise a été d’évaluer rapidement la situation des collaborateurs (télétravail versus “sur site”) et des projets (arrêts, gels, risques d’arrêt…) pour comprendre l’impact de la crise sur l’activité. L’interview révèle alors un mode de fonctionnement pour le moins… artisanal ! A coups de feuilles de calcul et de consolidation manuelle de données, le consultant nous explique qu’il a fallu comptabiliser les différents cas de figure en un temps record. L’équipe fait une erreur dans la catégorisation des consultants. Résultat ? Un “trou” dans le taux de staffing à hauteur de 300 personnes en moins staffées. Ce mode de fonctionnement paraît absurde à une époque où les nouvelles technologies permettent aux entreprises d’accéder à leurs données en temps réel.

Un modèle économique qui évolue

La mise en place massive du télétravail permet de désiloter les entreprises de services : la localisation d’un consultant n’a plus la même importance dans le choix de staffing. Quel que soit son attachement géographique, on va s’intéresser davantage à ses compétences et à ses disponibilités. Cela entraîne une concurrence accrue car le périmètre géographique s’élargit. Le modèle économique des ESN évolue : si la facturation à la journée était la norme, on assiste à une “parcellisation” du staffing où les entreprises facturent des demi-journées voire des quarts de journée.

On va avoir de moins en moins de projets longs. A contrario, le nombre de projets sur des cycles courts, en mode Agile, va augmenter avec une concurrence accrue par les plateformes de freelances à la reprise vers juin 2021

Si les notions d’agilité et de résilience sont sur toutes les bouches depuis quelques années, on constate que les ESN ont pour une majorité d’entre elles tardé à se transformer. Elles sont confrontées à de nouveaux défis avec la crise et elles n’ont plus d’autre choix que d’accélérer leur digitalisation. Pour répondre aux besoins renforcés de leur client en matière de transformation digitale, et faire face à une concurrence plus rude, elles ont besoin d’accéder à leurs données en temps réel, avec en première ligne de mire les disponibilités et les compétences de leurs consultants. Cet accès instantané à l’information leur permet de faire rapidement les bons choix en matière de staffing, de répondre plus vite aux besoins de leurs clients…

Faire face à l’obsolescence rapide des compétences

Il y a à minima deux faits auxquels les entreprises de services du numérique doivent particulièrement prêter attention :

  • Le rythme toujours plus rapide des innovations technologiques et donc une accélération de l’obsolescence des compétences;
  • L’offre de prestations intellectuelles nettement supérieure à la demande.

Selon des prédictions faites par IBM, la connaissance doublerait actuellement toutes les 12 heures. Face à cette accélération de la quantité produite en matière de connaissance et des progrès technologiques, les compétences techniques évoluent en permanence. Évolution des outils, des frameworks, des méthodologies… les compétences qui étaient nécessaires il y a 4 ou 6 mois sont pour une bonne partie plus à l’ordre du jour actuellement. Les ESN doivent donc miser sur la formation en continu de leurs consultants pour rester à la page des tendances. Cet investissement sur la montée en compétence des collaborateurs de l’entreprise est d’autant plus importante que la concurrence est forte sur le marché. Entre les plateformes de freelances et les ESN qui ont nettement moins le souci de l’ancrage géographique pour staffer leurs consultants, les clients ont l’embarras du choix… Ils choisiront les meilleurs, à savoir ceux dont les compétences répondent à leurs exigences technologiques et humaines. Comme le précise Jean-Philippe Couturier dans son interview : “Nous allons avoir besoin de profils généralistes qui maîtriseront beaucoup de tout, mais aussi d’hyper-spécialistes.” Les généralistes seront les garants du “faire ensemble” dont on a besoin pour faire collaborer les spécialistes.

On assiste donc à l’obsolescence rapide des compétences en même temps qu’à un besoin de diversification des expertises. Les ESN doivent redoubler d’effort sur la connaissance de leurs actifs. Elles ont besoin de faire un état des lieux des compétences détenues et recherchées par leur client très régulièrement, afin de cibler les compétences clés à développer. Dans ce contexte, une cartographie des compétences en temps réel est un outil indispensable à leur compétitivité. Là encore, les entreprises de services doivent miser sur le potentiel des nouvelles technologies, investir sur leur propre digitalisation pour rester concurrentielles.

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Margaux Damain

Margaux a rejoint Whoz en 2018, après plusieurs expériences en Communication et Marketing au sein de petites et grandes entreprises. Ce qu’elle préfère ? Vulgariser par l’écriture l’expertise de son équipe. La majorité des whozzies ayant plus de 15 ans d’expérience dans le monde du conseil et de l’IT, échanger avec eux est une source d’inspiration et d’information inépuisable pour elle.

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CSM

Marketing Service Client Expérience ClientEtudes Clients Gestion de projets Conduite du changement

Christine a travaillé plus de 12 ans dans l’édition de logiciels et a développé une forte appétence pour la culture des données et la connaissance client. D’un bon relationnel, elle apprécie être au contact des autres et apporter le soutien nécessaire en vue de leur satisfaction.

Les petits plus

Christine a travaillé plus de 12 ans dans l’édition de logiciels et a développé une forte appétence pour la culture des données et la connaissance client. D’un bon relationnel, elle apprécie être au contact des autres et apporter le soutien nécessaire en vue de leur satisfaction.

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