Ingénierie 2022 : perspectives et stratégies à mener

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L’OPIIEC a récemment publié une enquête sur les perspectives et les stratégies menées par les entreprises d’ingénierie face à la crise. L’OPIIEC est un observatoire de l’évolution des métiers de l’ingénierie mais aussi du numérique, du conseil et de l’événement. 1 769 répondants, dont 370 entreprises d’ingénierie, 112 entretiens réalisés… Voici une synthèse des informations et chiffres clés de cette étude.

État des lieux et perspectives 2022 pour le secteur de l’ingénierie

Points clés de la crise sanitaire pour l’ingénierie  

La crise sanitaire a durement touché les entreprises de l’ingénierie : arrêt des projets pendant le premier confinement, chute des prises de commandes, allongement des délais de paiement.

Évolution du chiffre d’affaires dans le secteur de l’ingénierie et délais de paiement.

Le positionnement de l’ingénierie, à l’amont des projets, en fait un indicateur important pour anticiper la situation économique à 6 mois :

  • Malgré l’annonce du plan de relance en septembre, la plupart des entreprises interviewées ne constataient pas de reprise de l’activité. 
  • La crise n’a pas épargné une seule activité d’ingénierie. Mais celles du Conseil en Technologie ont été particulièrement touchées. En effet, elles dépendent entre autres des secteurs sinistrés (automobile et aéronautique). 

L’ingénierie de construction a été fortement impactée par une diminution des appels d’offres publics, dans le contexte des élections municipales en 2020 :  

  • Le second tour a été décalé de mars à juin, ce qui a reporté des prises de décisions. 
  • Les élections ont été rythmées par de nombreux changements de majorité (notamment en faveur des écologistes). Cela a entraîné une remise en question de certains projets sur la base de critères environnementaux par exemple.

La crise sanitaire par région

C’est une France à deux vitesses qui se dessine quant aux perspectives des entreprises d’ingénierie.

Évolution de l’activité des entreprises de l’ingénierie par région.

Il y a 5 régions où l’ingénierie est la plus touchée : Pays de la Loire, Hauts-de-France, Grand Est, Île-de-France, Centre-Val de Loire. Pour ces régions, on estime que l’activité ne reviendra pas aux niveaux de 2019 en 2022. 

À contrario, il y a 4 régions où les perspectives sont meilleures : Nouvelle-Aquitaine, Normandie, Bretagne, Bourgogne-France-Comté. 

Les stratégies mises en place pour faire face à la crise

Le recours aux dispositifs de soutien

En tête de peloton, on trouve les dispositifs de soutien suivants : 

  • L’activité partielle, mise en place par 45% des répondants suite au premier confinement. 
  • Le Prêt Garanti par l’État qui a aussi été plébiscité par les entreprises de l’ingénierie à 31%. 
  • Enfin, l’aide au recrutement d’un alternant est aussi un dispositif qui a été privilégié par 23% des répondants. 

Le tableau suivant présente : 

  • En foncé les dispositifs mis en place suite au premier confinement. 
  • En clair, ceux qui sont “à mettre en place dans les mois à venir”, ce qui au moment de la publication de l’étude correspond aux premiers mois de l’année 2021.
Les dispositifs de soutien mis en place par les bureaux d’études et d’ingénierie.

Les réorientations stratégiques  

Les deux stratégies majoritairement mises en place sont des stratégies “offensives” : 

  • Le développement de nouvelles offres ou nouveaux services, pour 45% des bureaux d’études et d’ingénierie. 
  • La prospection de nouveaux clients ou de secteurs client pour 55% des répondants.  
Les réorientations stratégiques mises en place par les bureaux d’études et d’ingénierie.

Contrairement à d’autres types d’entreprises de prestations intellectuelles (comme les entreprises de services du numérique ou encore les sociétés de conseil), l’ingénierie a moins mobilisé le développement de nouvelles offres. On peut l’expliquer en partie par la spécificité des expertises, qui sont plus difficilement transférables à de nouveaux services. 

Par ailleurs, la prospection de nouveaux secteurs client concernent les secteurs suivants : 

  • Bancaire 
  • Santé / Pharmacie 
  • Ferroviaire 
  • Naval 
  • Nucléaire 
  • Éolien 
  • Télécommunications 

Au-delà de la prospection de nouveaux clients, c’est la capacité à répondre vite et bien aux appels d’offres qui fait la différence. Avec parfois moins de chantiers, et donc une concurrence accrue, les entreprises d’ingénierie doivent identifier et positionner plus vite les bons profils. Dans un tel contexte, certaines entreprises misent sur la digitalisation. C’est le cas d’Egis qui digitalise sa gestion des compétences pour accélérer la production de ses réponses commerciales

Focus sur les compétences et la mobilité 

Les profils de salariés en risque

Deux tiers des entreprises interrogées affirment qu’elles ont à minima un métier en risque (pérennité des emplois, obsolescence de certaines compétences, etc.). 

En particulier, les ingénieurs R&D intervenant dans les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile sont menacés, à cause d’une activité qui tourne au ralenti. Ce ralentissement pourrait perdurer pour le secteur de l’aéronautique. Pour ces profils, des reconversions sont en cours ou en réflexion. 

D’autres profils sont impactés par l’arrêt des chantiers ou projets. C’est le cas des techniciens spécialisés, des chefs de projets et des dessinateurs projeteurs. Parfois, la nécessité d’être sur site freine les projets. 

Les jeunes diplômés font aussi partie des profils en risque. Sur un marché moins en tension, et face à des profils plus expérimentés, les jeunes diplômés ont plus de mal à intégrer le marché du travail. 

Enfin, la digitalisation des pratiques et le télétravail se généralisent. Cela menace certains métiers. C’est le cas des assistants (de direction et administratifs). 

Les profils en risque dans les entreprises de l’ingénierie.

Les transitions professionnelles

Face aux mutations du marché, il semble intuitif de développer les bonnes compétences en misant en partie sur la reconversion et la formation des collaborateurs internes.  

Pourtant, 41% des entreprises interrogées affirment n’avoir prévu aucun mode d’évolution professionnelle. Elles estiment ne pas avoir besoin ou ne pas avoir le temps de faire évoluer les compétences en cette période. 

Toutefois, sur un marché qui évolue de plus en plus vite (besoins client, nouvelles technologies, nouveaux modes de travail), cela est risqué de remettre à plus tard la montée en compétences des talents. D’autant, qu’ils seront difficiles à remplacer.

Les modes d’évolution professionnelle envisagés.

L’enquête réalisée par l’OPIIEC révèle ainsi des chiffres significatifs concernant le mécontentement des ingénieurs : 

  • 58% estiment que la crise sanitaire a été un élément déclencheur ou un accélérateur de leur aspiration à une meilleure qualité de vie au travail.
  • 59% des consultants déclarent avoir une souveraineté faible ou nulle dans le choix de leurs missions.
  • 94% des consultants déclarent avoir besoin de se sentir reconnus dans leur expertise, utiles et intégrés aux réflexions.

La conservation et le développement des compétences passent entre autres par une plus grande considération des aspirations des ingénieurs. Il est donc urgent pour les entreprises de comprendre plus finement quelles sont leurs compétences, leurs expertises et leurs souhaits d’évolution. Là encore, l’utilisation d’outils digitaux est désormais indispensable : cela permet une gestion beaucoup plus efficace et en temps réel des compétences et des aspirations

Par ailleurs, un quart des répondants a choisi de monter en expertise sur ses métiers. Cela doit permettre d’apporter plus de valeur aux clients et de répondre à de nouveaux besoins : 

  • Maîtriser de nouveaux logiciels (de métrologie, de BIM, de simulation numérique…)
  • Passer à la maison passive dans une logique de développement durable et au smart building pour accompagner la transition numérique.
  • Développer l’autonomie des salariés souvent jeunes.
  • Former au management.

Les autres entreprises interrogées forment pour se diversifier ou développer la polyvalence :

  • Développer les compétences commerciales pour adresser plus massivement les secteurs encore actifs (naval, nucléaire, ferroviaire…).
  • Développer l’offre sur le numérique : informatique, téléphonie, cloud…
  • Proposer de l’évaluation documentaire à distance, complémentaire à l’audit in situ.

Ce travail passe souvent par des transitions professionnelles vers :

  • Les métiers du numérique : développement, infrastructures, imagerie pour le bâtiment (montage vidéo…), tests…
  • L’AMO (pour des OPC par exemple).
  • D’autres secteurs pour ceux qui n’ont travaillé que dans l’aéronautique

Les métiers, expertises et secteurs porteurs

Les métiers, les expertises et les secteurs qui sont porteurs.

Les entreprises qui identifient des métiers qui se maintiennent, voire continuent à se développer ont principalement cité :

  • Des métiers classiques et nécessaires pour un maximum de projets : dessinateur projeteur, chef de projet, expert technique.
  • Le métier de commercial profite du besoin d’aller chercher de l’activité et des nouveaux clients.
  • Les métiers du numérique dans le cadre d’un virage vers les activités numériques.
  • Les secteurs d’application de la santé, du ferroviaire, du nucléaire et de la défense… pour pallier la baisse d’activité du côté de l’aéronautique et de l’automobile.

Les entreprises qui tireront leur épingle du jeu sont celles qui seront en mesure de répondre plus vite et de manière plus pertinente aux appels d’offres. Et cela ne pourra pas se faire sans solutions digitales adaptées au métier de l’ingénierie : cartographie des compétences toujours à jour, puissant moteur de recherche pour identifier rapidement les meilleurs profils ou encore générateur de CVs sur-mesure… 

Pour aller plus loin 

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CSM

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Christine a travaillé plus de 12 ans dans l’édition de logiciels et a développé une forte appétence pour la culture des données et la connaissance client. D’un bon relationnel, elle apprécie être au contact des autres et apporter le soutien nécessaire en vue de leur satisfaction.

Les petits plus

Christine a travaillé plus de 12 ans dans l’édition de logiciels et a développé une forte appétence pour la culture des données et la connaissance client. D’un bon relationnel, elle apprécie être au contact des autres et apporter le soutien nécessaire en vue de leur satisfaction.

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